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Les chroniques bds du Troubadour
Chroniques de bandes dessinées sorties récemment.

GRIBOUILLIS de TURF

Gribouillis
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Titre de l'album : Gribouillis

Scénariste et dessinateur : Turf

Editeur : Delcourt
Date de parution : Mai 2003
Gribouillis c’est le doux nom, un peu potache, du dernier « one shot » de Turf.
Potache, Turf l’est sans aucun doute tant son style confus et jovial traverse son histoire. Cet opus conte les mésaventures d’un griboulli griffonné sur un catalogue de vente par correspondance.
En attrapant une puce celui-ci va acquérir une nouvelle forme (celle d’un chien).
Quand il se débarrasse du parasite, il n’arrive pas à retrouver sa forme initiale et c’est un cri provenant d’une autre page du catalogue qui va le mener à la découverte de celui-ci. Son voyage lui fera rencontrer pêle-mêle : des chaudières, des poupées de porcelaine, un petit train en bois, un chien commissaire, des draps/fantômes/policiers et le maître des lieux, un diable dans sa boîte. Pour en suite essayer de secourir une demoiselle en détresse.
Turf propose donc une trame d’aventure initiatique des plus limpides qu’il va prendre un malin plaisir à dynamiter de l’intérieur.
En créant un personnage muet, il facilite l’attachement du lecteur par un émerveillement enfantin et hagard ; de plus, il mêle habilement ses traits vivants et expressifs aux ciselés et à la froideur des objets du catalogue. Ce melting-pot improbable lui laisse l’opportunité de mettre en avant une galerie de personnages plus farfelus les uns que les autres.
En s’imposant un univers irrémédiablement clos, Turf évite à la fois les lieux communs narratifs et une galerie de portraits sans intérêts. Grâce à un style burlesque et loufoque de tous les instants, l’auteur insuffle une vie propre à un catalogue et déploie tout son talent sans jamais trop en faire. A l’image de son personnage du diablotin qui tour à tour est l’incarnation : du despote religieux, de l’opportuniste capitaliste voire de l’amoureux transi.
En sa faisant plaisir, l’auteur s’offre le luxe d’un minimalisme à toute épreuve, trêve de décors alambiqués et colorés ici la sobriété et l’efficacité du trait prime. Tout est au service d’une gaieté qui se doit d´être immédiate. Au jeu d’actionner les zygomatiques et les méninges, Turf est donc un petit potache fort doué.

Chronique réalisée en mai 2003.
Sélection par Monfreid...