
Merlin
Légendes
Merlin
"Personnage central de la tradition occidentale, merlin n'est pas un guerrier comme arthur, mais un sage ou
un savant. Il appartient à la caste des lettrés. Peut-être est-il un druide. Ou mieux encore le dieu-druide, le
Grand Architecte qui construit le temple des pierres solaires.
C'est ce qu'il a fait dit-on à Stonehenge, mais sans doute ailleurs. Il possède les pouvoirs majeurs des druides, la connaissance de l'avenir et du présent caché, le pouvoir d'enchantement et la science qui transporte sans heurts ni peine les masses de pierre. Il sait lire dans les âmes et devine les desseins des hommes et même ceux de Viviane qui l'enchaîna. Il possède le don de métamorphose, si constant : il peut prendre toute forme, apparaître et disparaître d'un instant à l'autre. Il est un entremetteur de première importance : n'est-ce pas à ses bons office qu'Arthur doit sa naissance ? N'est-ce pas encore lui qui mena à bien, plus tard, le mariage du roi et de Guenièvre ? N'est-ce pas toujours lui, au château des Mares, qui mit la fille d'Agravadain dans le lit du roi Ban ? Il facilite les unions, use de sa magie pour supprimer les résistances intérieures. Lui-même tombe victime de l'amour. Merlin, bien sûr, n'est pas mort ; il n'est qu'endormi, ce qui ne l'empêche d'être enseveli en plusieurs endroits, des deux côtés de la Manche. Certains sont en Cornouailles britannique et au pays de Galles. Mais rien qu'en Brocéliande, on en a compté jusqu'à trois. Le premier, qui est le plus connu, se trouve à proximité de la Fontaine de Jouvence, dans un champ, non loin de la petite route qui va de la Ville-Moisa, à Telhouet. A vrai dire, c'est un vieux dolmen démoli, qui sert à cela. Il n'en reste que deux pierres, modestes, dressées l'une près de l'autre et formant un angle. Sur la ligne de Barenton, entre le carrefour de Ponthus et le champ des Tournois, une petite éminence en fer à cheval, jadis surmontée d'un cromlec'h, a été considée également comme le tombeau de Merlin. L'intérêt de cette localisation, c'est qu'elle est de beaucoup la plus proche de la fontaine de Barenton et du Jardin de Joie, et, de ce fait, la plus conforme à la tradition. Une troisième est mentionnée sous la forme d'un cromlec'h, à proximité de la Croix-Lucas, au sud et au dessus du Val sans retour. Il n'en reste apparemment plus trace, mais il existait endore en 1846, dtae à laquelle il fut dessiné pour figurer dans un numéro du Magasin pittoresque. Quel est la vraie tombe ? Ni l'une, ni l'autre, mais toutes ensemble..." Texte de Gwenc'Hlan Le Scouëzec, Dictionnaire de la Tradition Bretonne, édition Philippe Lebaud. © 1999.
|