
![]() Réalisées avec le concours des auteurs Avant-première : Petit Miracle tome 1
4ème de couverture :
À la veille de la Révolution Française, une religieuse meurt en couche en donnant naissance au petit Denis, bien vivant, et parfaitement conformé… à un effrayant détail près : il a la tête séparée du corps ! Pour échapper aux superstitions de son époque et à la mort, l’enfant devra trouver le soutien du jeune Talleyrand, la future éminence grise des révolutionnaires, des rois et des empereurs. En suivant le tendre petit Denis du couvent jusqu’au Palais de Versailles, vous découvrirez avec émerveillement mille personnages et anecdotes d’autant plus étonnants qu’ils sont parfaitement historiques. Car, qui sait, le destin de Denis cache peut-être finalement un des plus grands secrets de notre Histoire. Petit Miracle, tome 1. Scénario de Valérie Mangin. Dessins de Griffo. Editions Soleil Présentation de la planche 4.
case 1
On est dans le parloir gothique d’un couvent, une grande pièce vide et froide pourvue seulement de quelques chaises et de lanternes qui projettent des ombres fantomatiques un peu partout. Mme de La Barre ainsi que deux religieuses se penchent sur le corps et la tête du chevalier posés sur le sol. Il porte encore les vêtements tachés de sang dans lesquels il est mort. Les sœurs portent l’uniforme de leur ordre (Ursuline) : un voile noir sur une robe noire seulement « égayés » d’une pièce d’étoffe blanche qui leur couvre la tête (sous le voile), le cou et le dessus de la poitrine (sur la robe).
Mme de La Barre : Vous avez bien prévu la place pour l’enterrer sous la chapelle de votre couvent ? En terre consacrée ?
case 2 Mme de la Barre pose ses mains sur ses hanches osseuses avec un sourire satisfait. Mme de La Barre : Très bien, je n’aurai qu’à le raconter sous le sceau du secret à quelques amis pour que tout lemonde le sache à Paris dans une semaine !
case 3 La sœur Marie-Toussaint, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mince et jolie, se penche sur la tête sans vie et lui caresse doucement le front. Soeur Marie-Toussaint : Oui, les gens penseront qu’il s’est repenti et qu’il est mort en bon chrétien. Ne vous inquiétez pas !
case 4 Madame de la Barre a pris dans la sienne la main de l’autre religieuse, sœur Marie-Joseph, une matrone d’une quarantaine d’années, ronde et énergique. Elle la serre avec émotion et elle fait semblant d’écraser une larme avec son mouchoir de dentelle. La sœur a une moue compatissante et approuve de la tête. Mme de La Barre : Je vous dois la vie, mes soeurs, sans vous notre famille serait rejettée de partout !
Soeur Marie-Joseph : Comme nous vous comprenons !
case 5 Mme de La Barre est devant la grosse porte en chêne ornée de clous et de barres de métal noircis par le temps de la salle. Elle tend la main vers le loquet et ne se retourne même pas. Les deux religieuses sont restées debout au-dessus du corps. Mme de La Barre : Très bien, alors je ne vous retarde pas plus longtemps. Adieu !
case 6 Mme de La Barre est debout de l’autre côté de la porte refermée. Elle pousse un gros soupir, la main sur sa poitrine inexistante. Mme de La Barre : J’ai réussi. La famille est sauvée du déshonneur. Ces Ursulines sont de vraies saintes !
case 7 Restées seules les deux soeurs regardent toujours vers la porte en oubliant le corps mutilé. Elles n’en reviennent pas de la scène à laquelle elles viennent d’assister. Soeur Marie-Toussaint : Ah ! Quelle vieille oie !
Soeur Marie-Toussaint : Je comprends qu’avec une telle mère le chevalier ait mal tourné…
case 8 La sœur Marie-Toussaint ramasse la tête du chevalier tandis que sa compagne soulève son buste. Soeur Marie-Joseph : Ça, tout doit déjà aller pour le mieux pour elle !
Soeur Marie-Toussaint : Oui, elle a oublié son fils. Quelle pitié !
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